Boîte de fin de vie

Je n’ai pas pris de photo aujourd’hui.  Le manque de sommeil et l’étrange remous qui m’habitent m’ont laissé dans un état plutôt inactif.  Inactif mais rempli de messages, de prises de conscience et d’occasions de guérison.
Il y a plus d’un an, j’assistais à une conférence où l’animatrice parlait d’un exercice qui m’avait frappé et qui m’est revenu puissament aujourd’hui.  Une boîte de fin de vie.
Ok, I know, ça peut avoir l’air déprimant et dark dit comme ça, mais ça me parle beaucoup.
Pourquoi?  Parceque même si j’ai bien l’intention de vivre joyeusement et en forme jusqu’à 150 ans, j’ai envie que la partie de moi qui, lorsque face au décès d’un proche me fait vivre plein de scénarios, soit plus en paix et se sente écoutée.
Qu’est-ce qu’une boîte de fin de vie?  Un endroit (une boîte!) où on peut mettre tout ce qu’on aimerait qui soit dit, transmis, fait, montré, lors de notre mort et de nos funérailles.
Je m’y voyais y déposer une lettre à mon Homme, une pour chacune de mes enfants, une pour ma soeur, pour ma mère.  Une pour mes amies et amis, à être lue ou remise lors du dernier rituel.  J’y mettrai aussi une note explicative de ce que j’aimerais que soit ce dernier rituel, ces derniers moments.  Certaines musiques que j’aime, etc.
Étrange de me sentir si lucide envers ce que je veux pour ce moment.  Présentement, j’avoue que lucide ne veut pas dire détaché d’émotions…  C’est d’ailleurs pour ça que j’en parle mais que je n’ai pas commencé à écrire ces lettres.  Je veux le faire dans un grand calme intérieur.  Ça viendra.  Et j’ai l’impression que ce sera bientôt.
Plusieurs des gens à qui j’ai parlé de cette idée dans la dernière année m’ont regardé d’un drôle d’air.  Comme si s’occuper de ces détails était une invitation à la mort.  Je le vois plutôt comme quelque chose à apprivoiser étant donné que, jusqu’à nouvel ordre, tout le monde meurt un jour ou l’autre.
Serait-il possible que de ne pas vouloir préparer notre départ, même si on le sent encore très loin, serait comme traîner derrière soi de longs fils emmêlés?  Comme endurer un coin de notre maison que l’on sait en désordre mais qu’on évite au lieu de s’en occuper?  Se fermer les yeux et ignorer ce passage éventuel me semble malsain.  On s’occupe bien de la naissance d’un bébé longtemps avant son arrivée!  Je connais même des femmes qui avaient déjà un ou deux petits pijamas de bébé d’acheter avant même d’avoir un papa éventuel pour cet enfant!
Notre éducation nord-américaine nous a inculqué que la mort est triste et est une perte.  Physiquement oui.  Mais ne sommes nous pas beaucoup plus que juste une machine physique?  Comme je disais à ma chouette hier soir, mourrir est comme naître.  Dans les deux cas, nous passons d’un plan à un autre, laissant derrière nous des êtres chers pour aller vers d’autres êtres magnifiques qui nous attendent.
Il y a sept ans ma grand-mère est décédée.  J’ai eu le privilège de pouvoir lui faire mes adieux la veille de sa mort.  Elle avait déjà un pied de l’autre côté quand je lui ai donné mon dernier baiser.  Je me souviens que, de l’endroit où je me tenais dans sa chambre, je regardais ses enfants et mon aînée l’entourer, je ressentais leur amour et soudain, ça m’est apparu tellement clairement que lorsqu’un bébé s’apprête à naître dans ce monde physique, la scène qui se passe « de l’autre côté » doit certainement ressembler à ce tableau qui se vivait devant moi.  Des êtres emplis d’amour, entourant et soutenant une âme dans son passage, passage qu’elle a choisi.
Bref, tout ça pour vous partager mon besoin de sentir que je me serai occupé des détails funéraires qui me sont importants pour ce moment éventuel et qu’ensuite, étant en paix avec cette « boîte de fin de vie », je pourrai continuer à avancer avec confiance et amour dans le chemin de vie que je me suis choisi, le coeur plus léger et les émotions un peu plus calmes…
Parceque la vie est magique et surprenante, je me dois de la vivre.  Pleinement.

Et finalement, j’ai une photo à vous partager.  Le papier pour ces lettres que j’écrirai est choisi.  Acheté lorsque j’avais 15 ou 16 ans, je sens maintenant pourquoi je l’ai gardé avec moi tout ce temps…

Et maintenant je vais me coucher.  Déjà passé 2 heures am…

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